Betty Cooper : Qui je suis


Écrit par Mark Moore
[Traduit par Macfly]



Betty et Véronica dans «Ultime rencontre»

Ce lundi matin, Betty se leva. Elle exécuta sa routine matinale: faire son lit, prendre une douche, s'habiller et se peigner.
Puis, elle barra sa chambre. Elle ouvrit le tiroir du bas de sa commode. La boîte s'y trouvait toujours.
Betty la prit et s'assit sur le lit. Elle ouvrit la boîte et en sortit le revolver et ses munitions.
Elle ouvrit la chambre du revolver. Elle y inséra ensuite six balles, puis referma la chambre.
Par la suite, elle ferma la petite boîte de munitions, replaça le tout dans la boîte du revolver, renvoya le tout dans le tiroir du bas et finalement, referma ce tiroir.
Betty cacha le revolver dans son sac à main.

Betty descendit et déjeuna avec ses parents.
Après avoir avalé la dernière bouchée, elle se leva. «Bien, en route pour l'école.»
«Passe une bonne journée» lui dit son père.
«Bien sûr, p'pa» répondit Betty. Puis, elle sortit de chez elle. «Du moins, je le souhaite» pensa-t-elle.

Betty alla chercher son dîner, puis alla rejoindre Véronica, Midge, Nancy et Reggie à leur table habituelle.
«Betty, j'ai des nouvelles pour toi» dit Reggie. «Jughead a dit qu'il allait manger à l'extérieur avec Poil de carotte.»
«Je suppose que ce sont là de bonnes nouvelles, pour aujourd'hui» répondit Betty.
«Ouais, mais lorsqu'il va revenir, qu'est-ce qui va arriver?» demanda Nancy. «Penses-tu qu'il a toujours en tête de te donner une volée
Betty fit signe que non. «Je ne sais pas.»
«Tu leur as dit???» hurla Véronica.
«Ronnie, ce sont des amis. Ils ont le droit de savoir.»
«Maintenant, qu'est-ce qu'on fait pour Archie?» demanda Nancy.
«Il l'aura cherché!» retorqua Véronica.
«Quoi donc?» demanda Betty.
«Tout ce qui lui arrivera de mauvais!» répliqua Véronica.
«Betty, tu sembles au bord du désespoir» commenta Midge.
«Pourquoi ne le serais-je pas?» lui demanda Betty. Elle pensa un moment. «Les amis, je vais aller à mon casier.»
Betty se leva de la table.
«Est-ce que ça va aller?» demanda Reggie. «On ne sait pas encore s'il est revenu de dîner.»
«Ça va aller, Reggie» lui assura Betty.

Betty marcha dans un corridor vide. La moitié de l'école dînait, en ce moment, et l'autre moitié était en classe.
Puis Betty tourna le coin et se retrouva devant Archie.
«Archie» dit Betty, plutôt surprise.
«Hé Betty» lui dit Archie. «C'est quand même drôle, non, de se rencontrer comme ça, dans un corridor où il n'y a que toi et moi.»
Betty recula. «Va-t-en!»
Archie avança. «Je t'avais prévenue qu'un danger imminent planait sur toi. Le moment est venu, je crois.»
Betty recula jusqu'au mur. Elle n'avait plus d'échappatoire possible.
Archie accota sa main gauche sur le mur et referma sa main droite pour former un poing. Il assena un coup directement dans le ventre de Betty.
Betty gémit et tomba au sol. Archie lui donna un coup de pied dans les jambes.
Puis, Archie regarda Betty en se demandant ce qu'il pourrait faire d'autre. «Voyons voir. T'as fait de ma vie un enfer. Je dois songer à quelque chose qui te fera souffrir un peu.»
Betty étira sa jambe droite et fit une jambette à Archie. Il tomba par terre.
Betty se releva et courut vers la cafétéria.
Archie se releva également et poursuivit Betty.
Betty s'arrêta pour faire face à Archie. Elle laissa tomber sa bourse. Archie tenta de lui assener un autre coup de poing. Elle l'évita. Betty referma alors sa main droite et donna un coup de poing dans la figure de Archie.
Archie s'arrêta un moment et vit qu'il saignait du nez. Betty lui fessa alors les mâchoires.
«Salaud!» Betty lui donna un coup de pied dans les parties [excusez le vocabulaire!]. «Espèce de chien sale!»
Soudainement, Archie sortit un canif de sa poche. Betty fut très surprise.
Archie arborait un sourire en coin démentiel. «Je crois que le moment est venu de te faire une petite chirurgie esthétique. Tu ne seras plus regardable après ça, beauté!»
Archie lui donna un coup de son canif mais Betty l'évita en se penchant. Elle se coucha par terre pour atteindre sa bourse et recula.
Archie la poursuivit. Betty eut le temps de se relever et ouvrit sa bourse.
Archie se lança après elle avec son canif en direction de la tête de Betty. Elle sortit alors son fusil de la main droite, visa Archie et appuya sur la gâchette.
La balle atteignit Archie en plein dans l'épaule droite de Archie. Il cria de douleur. Betty tira de nouveau et toucha Archie dans la poitrine.
Archie s'écroula après ce deuxième coup, mourant sur le coup. Du sang s'écoulait tout autour de lui.
Betty trembla de nervosité, très secouée après ce qu'elle avait fait, sans pour autant prendre tout le blâme pour elle-même.
Les portes de la cafétéria s'ouvrirent et quelques élèves et membres du personnel de l'école en sortirent. D'autres personnes sortirent également des classes. Tout le monde était sidéré devant le spectacle qui s'offrait à leurs yeux. Archie Andrews était couché par terre, baignant dans son propre sang, tandis que Betty Cooper était figée devant lui avec un fusil dans les mains.
Véronica, Reggie, Midge et Nancy allèrent la rejoindre.
«Betty!» s'écria Véronica. «Que s'est-il passé?»
«Il est mort» répondit Betty d'un ton faible. «Je l'ai tiré et il est mort...»
Monsieur Weatherbee et le directeur-adjoint s'avancèrent vers le groupe.
«Betty! Dis-nous pourquoi...» demanda M. Weatherbee.
«Il m'a attaquée avec un canif» répondit Betty.
L'adjoint mit des gants en caoutchouc, s'avança vers Archie et prit le fameux canif. «Le voici.» Il alla ensuite rejoindre Betty. «Je vais devoir... vous poser plus de questions. Donnez-moi votre fusil.»
Betty lui donna son revolver.
Véronica mit ses bras autour de Betty et l'étreignit.

M. Weatherbee appela le coroner de la ville pour s'occuper du corps de Archie. Puis il appela les parents de Archie et de Betty et les invita à venir sur-le-champ, sans toutefois en révéler la raison. Finalement, il avisa tous les étudiants et la faculté via le télévox de prendre congé pour le reste de la journée. Les étudiants et le personnel quittèrent tranquillement la bâtisse. Des caméras de télévision arrivèrent et commencèrent à filmer le tout.
Betty, Véronica, Reggie, Midge et Nancy étaient assis autour de la table. M. Weatherbee et son adjoint étaient debout à leurs côtés. Betty finissait d'avaler son dîner. Elle se sentait apeurée et bouleversée, incapable de se concentrer.
Les parents de Archie et de Betty franchirent, peu après, les portes de la cafétéria. Betty regarda alors ses parents avec des yeux qui ne laissaient rien présager de bon. Madame Cooper fixa du regard sa fille. Betty semblait vraiment apeurée. Lorsque madame Cooper s'approcha de la table, elle remarqua que les vêtements de Betty étaient tachés de sang.
«Mon dieu! Betty, est-ce que ça va?»
Betty se leva pour aller vers sa mère, qui lui offrit une chaude étreinte.
Monsieur Cooper et les Andrews s'avancèrent vers le groupe.
«Que se passe-t-il, M. Weatherbee» demanda M. Andrews.
«Il y a eu une fusillade» répondit M. Weatherbee. «M. et Mme Andrews,... j'ai le regret de vous informer que votre fils, Archie,... est décédé.»
Les parents de Archie fondirent en larmes.
Après deux minutes, ils se retournèrent vers M. Weatherbee.
«Qui a fait ça?» demanda M. Andrews.
«C'est moi» répondit Betty en pleurant. «Je l'ai tué.»
«Quoi???» s'écria Mme Cooper.
«Mais pourquoi???» demanda Hal Cooper.
Betty pleurnicha. «S'il vous plait, ne me criez pas après.»
«Betty devra se rapporter au poste de police» dit le directeur-adjoint. «Mme Cooper, voulez-vous venir aussi?»
Elle acquiesça, puis jeta un coup d'oeil à son mari. «Tu viens, Hal?»
«Non. Je vais ramener l'auto de Betty chez nous» répondit M. Cooper.
«J'invite les Andrews à venir également» ajouta l'adjoint.
Les Andrews acquiescèrent.
Puis, tout le monde quitta la cafétéria en silence.

Betty était assise à une table dans une pièce. Étaient à ses côtés Véronica, Reggie, Midge, Nancy et les Andrews. Un sergent s'assit avec eux.
Dans une pièce voisine, Mme Cooper observait ce qui se passait à travers une vitre.
«Je sais que ça doit vous être difficile» dit le sergent, «mais essayez de me raconter exactement ce qui s'est passé.»
«Archie et moi avions des problèmes depuis belle lurette» dit Betty pour commencer. «Véronica et moi, on se bat... en fait, on se battait pour lui. On a finalement toutes les deux décidé de rompre nos relations avec lui, puis on l'a ejecté de notre groupe de musique à cause de sa mauvaise attitude. C'est arrivé il y a deux vendredis de cela. Lundi dernier, Véronica et moi avons raconté à toute l'école que Archie était un beau salaud. Toutes les filles de l'école étaient alors d'accord pour le boycotter. Mardi, on s'est pris avec Archie durant le dîner. Il a saisi Véronica par le poignet et nous a traitées de putes. Véronica lui a alors écrasé le pied. Lorsque M. Weatherbee est arrivé, il est parti. Mais vendredi dernier, après la septième période, Archie a frappé Véronica dans la toilette des filles. Ronnie?»
Véronica retira ses verres fumés. Le sergent jeta un coup d'oeil au coquard sur l'oeil droit de Véronica. Cela avait commencé à guérir mais c'était encore très visible.
«C'est Archie qui a fait ça?» demanda M. Andrews, très surpris.
Véronica fit signe que oui.
«Véronica, pourquoi ne pas l'avoir dénoncé?» demanda le sergent.
«Je ne voulais pas que l'événement soit médiatisé, vu la renommée de mon père» répondit Véronica. «J'avais aussi peur d'empirer les choses en le dénonçant, et aussi qu'il me fasse encore plus mal.»
«On aurait pu l'enfermer pour un temps» lui dit le sergent. «On aurait pu aussi le mettre sous surveillance contrôlée.»
«Ça n'aurait sûrement pas aidé» répondit Véronica. «Si son but était de me faire mal, il l'aurait fait. Rien ne l'aurait arrêté. Et puis, il aurait pu courir après Betty tout autant!»
Le sergent redirigea son attention vers Betty. «Poursuivez, mademoiselle Cooper.»
«J'ai su à propos de son oeil lorsqu'elle est venue jouer au basket chez moi après l'école» dit Betty. «Je l'ai alors soignée et je lui ai suggéré d'en parler à la police mais elle m'a fait jurer de n'en parler à personne. Plus tard, ce soir-là, Archie m'a appelée et riait de l'incident arrivé à Véronica. Il m'a ensuite dit que je regretterais d'avoir ruiné sa réputation. Il m'a alors suggéré d'être très vigilante lundi prochain, à l'école. Ça m'a inquiétée toute la fin de semaine. Ça m'avait vraiment fait peur. Hier, j'étais à la crèmerie chez Pop avec Reggie, Midge et Nancy. Je leur ai tout raconté. Ils m'ont fortement suggéré d'appeler la police mais je leur ai dit de ne rien faire. Puis, Archie et Jughead sont venus. Ils ont commandés des maltés, puis Archie me montra son poing de loin, pour que je me souvienne qu'il ne m'oublierait pas. Midge m'a alors fait un commentaire me disant qu'elle espérait que je saurais me défendre. Je suis sortie de la ville et j'ai acheté un fusil.»
«Comment as-tu eu ce revolver?» demanda le sergent.
«Je l'ai acheté au noir» répondit Betty.
«Vous me donnerez le nom de cet endroit, un peu plus tard» lui dit le sergent. «Poursuivez.»
Betty continua son récit. «J'ai ramené le fusil chez moi et je l'ai caché dans un tiroir de ma commode. En me levant ce matin, j'ai chargé l'arme et je l'ai mise dans ma bourse. Je me suis rendu à l'école en voiture. Archie et Jughead étaient sortis pour dîner. Quand je suis sortie de la cafétéria pour aller à mon casier, Archie m'attendait dans le corridor. Il m'a fessée dans le ventre et je suis tombée par terre. Je lui ai fait une jambette pour qu'il tombe. À ce moment, je me suis relevée pour aller chercher de l'aide à la cafétéria. Puis j'ai décidé d'affronter Archie moi-même. Je lui ai donné deux bons coups de poings et un coup de pied. Il a alors sorti un canif et m'a dit qu'il allait me réarranger le portrait. J'ai évité ses coups et je me suis ramassée par terre. J'ai pris ma bourse que j'avais lâchée et je me suis relevée. J'ai ouvert ma bourse. À ce moment, Archie courait vers moi, prêt à me défigurer avec son canif. J'ai sorti le fusil et tiré deux fois. Tout le monde est alors sorti pour aller dans le corridor.»
«Et vous, pouvez-vous m'assurer que cette histoire est vraie?» demanda le sergent, en s'adressant aux autres jeunes.
Véronica, Reggie, Midge et Nancy lui répondirent par l'affirmative.
«Vous saviez que Archie avait frappé votre copine et vous n'avez pas averti la police» dit le sergent.
«Je vous l'ai dit! J'avais promis de ne rien dire à personne!» répondit Betty, d'un ton impatient.
«Et vous avez amené une arme à feu chargée à l'école, alors que vous n'aviez pas le droit d'en posséder une» ajouta le sergent.
«Ce fusil a sauvé ma vie!» s'écria Betty. «Je devais me défendre!»
«Je vous crois» lui assura le sergent. «Toutefois, vous avez commis deux infractions: acheter un fusil sans permis et traîner un fusil dans une école.»
«Si je ne l'avais pas fait, je ne serais peut-être plus là pour en parler!» hurla Betty. «Quel beau choix! La mort ou la prison!»

Le sergent sortit de la pièce et alla voir la mère de Betty.
«Ira-t-elle en prison?» demanda Mme Cooper.
«On ne retiendra aucune accusation sur votre fille» lui assura le sergent. «Elle prétend qu'elle n'avait pas le choix de le faire. Dans ce cas, on va simplement monter un dossier sur l'affaire. Ça ne lui donnera pas de casier judiciaire. Le dossier stipulera seulement que cet événement s'est produit.»
«Et que devons-nous faire maintenant?»
«Ramenez-la à la maison. Je vous appellerai si j'ai d'autres questions.»
Mme Cooper acquiesça.

Pendant le voyage du retour à la maison, Betty passa son temps à regarder par la fenêtre. Elle pensait en silence.
Puis, elle se retourna pour faire face à sa mère. «M'man...»
«S'il te plait, ne me parle pas!»
Betty se retourna de nouveau et admira le paysage.

En se parquant dans l'entrée du garage, une douzaine de reporters les attendaient.
Betty et sa mère se frayèrent un chemin jusqu'à la porte d'entrée, en ignorant les questions des reporters.
Une fois rentrée, Betty retira son chandail et ses souliers, puis les envoya au panier de lavage.

Plus tard ce soir-là, Betty était assise sur le divan dans le salon, regardant la télé.
Sa soeur, Polly Cooper, entra dans le salon. «Betty! Je viens d'apprendre la nouvelle! Est-ce que ça va?»
«Je ne sais pas, Polly» lui dit Betty, alors que sa soeur s'installait à côté d'elle. «C'est un vrai cauchemar!» Puis elle pleura. «J'aurais préféré que ça n'arrive pas!»
Polly plaça ses mains sur les épaules de Betty. «Je suis là pour ça, soeurette. Tu veux m'en parler?»
«Peut-être plus tard» répondit Betty. «Pour l'instant, j'ai besoin de me sentir plus sécure.»
Polly étreignit sa soeur. Betty mis alors ses bras autour de Polly et la serra fort, ayant peur de la lâcher.

FIN



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